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Corse randonnée Mare a Mare : itinéraires, étapes et conseils pratiques

Corse randonnée Mare a Mare : itinéraires, étapes et conseils pratiques

Corse randonnée Mare a Mare : itinéraires, étapes et conseils pratiques

Traverser la Corse d’est en ouest à pied, avec le maquis pour compagnon et les villages de l’intérieur comme points de ravitaillement : voilà l’idée des itinéraires Mare a Mare. Contrairement au GR20, ces traversées ne cherchent pas uniquement la haute montagne. Elles passent par des forêts, des crêtes, des bergeries, des cols et de vieux chemins muletiers, avec des étapes souvent plus accessibles… mais pas forcément faciles.

Le réseau compte trois grands itinéraires : le Mare a Mare Nord, le Mare a Mare Centre et le Mare a Mare Sud. Chacun possède son caractère, son niveau de difficulté et sa logistique. Avant de réserver votre billet d’avion, mieux vaut donc choisir le bon parcours. Une semaine de marche avec un sac lourd ne se prépare pas tout à fait comme une balade entre deux plages.

Les trois itinéraires Mare a Mare en quelques repères

Les distances et le nombre d’étapes peuvent varier selon les variantes, les hébergements disponibles et les détours vers les villages. Les chiffres ci-dessous donnent une base réaliste pour organiser le séjour.

Les itinéraires sont balisés en orange. Le balisage est souvent correct, mais il ne remplace pas une carte, une trace GPS ou un topo récent. Après un incendie, des travaux forestiers ou un épisode pluvieux, un chemin peut être moins évident qu’il ne l’était quelques mois auparavant.

Le Mare a Mare Nord : la grande traversée entre Moriani et Cargèse

Le Mare a Mare Nord est le plus long des trois itinéraires. Il relie la côte orientale, autour de Moriani, à Cargèse sur la façade occidentale. C’est une traversée variée, avec des passages en forêt, des villages de montagne, des portions de crête et plusieurs secteurs où l’altitude se fait réellement sentir.

Le parcours classique passe par des secteurs comme Piedicroce, Corte, le Niolu et la région d’Évisa ou de Vico, selon les variantes et les éditions des topo-guides. Il faut donc vérifier le tracé exact avant de partir : le Mare a Mare Nord n’est pas une ligne unique gravée dans le granit.

Comptez généralement entre neuf et douze jours. Les étapes font souvent de 15 à 25 kilomètres, avec des dénivelés qui peuvent dépasser 1 000 mètres sur certaines journées. Le sac devient vite le meilleur juge de votre préparation. Une étape annoncée comme « longue mais régulière » reste longue quand il fait 28 °C et que la fontaine du village est à sec.

Exemple de découpage du Mare a Mare Nord

Voici un exemple de progression, à adapter au tracé choisi et aux hébergements réellement ouverts :

Ce découpage n’est pas un itinéraire officiel figé. Certains randonneurs ajoutent une journée à Corte ou dans le Niolu, ce qui permet de profiter du parcours sans transformer chaque étape en contre-la-montre. C’est particulièrement pertinent si vous voyagez avec des enfants déjà habitués à marcher, ou si vous souhaitez porter moins lourd grâce au transport de bagages.

Le Mare a Mare Centre : le plus sauvage et le plus sportif

Le Mare a Mare Centre relie la côte orientale, autour de Ghisonaccia, à Ajaccio. Il traverse des zones très peu urbanisées et prend rapidement de la hauteur. C’est un itinéraire apprécié pour son côté sauvage, mais il demande une bonne autonomie et une organisation plus rigoureuse que le Mare a Mare Sud.

Selon le tracé suivi, les étapes passent par Ghisonaccia, Ghisoni, le col de Vizzavona, le secteur de Bocognano, Tolla ou encore les villages proches d’Ajaccio. Les noms et les variantes changent selon les éditions des guides. Là encore, utilisez un topo récent et vérifiez les hébergements étape par étape.

En six ou sept jours, les journées peuvent être très chargées. Pour marcher plus confortablement, prévoyez plutôt sept à huit jours, voire davantage si vous souhaitez faire une pause à Ghisoni ou près de Vizzavona. Le terrain alterne entre sentiers forestiers, pistes, pierriers et passages rocheux. Rien d’insurmontable pour un marcheur entraîné, mais les chevilles travaillent.

Le Centre convient moins à une première randonnée itinérante si vous n’avez jamais marché plusieurs jours avec un sac. Une sortie de 20 kilomètres le dimanche ne garantit pas automatiquement une bonne récupération le quatrième jour. Testez votre matériel sur deux journées consécutives avant le départ : les ampoules aiment les vacances en Corse, surtout quand on ne les a pas invitées.

Le Mare a Mare Sud : le meilleur choix pour une première traversée

Le Mare a Mare Sud est souvent considéré comme le plus accessible des trois. Il relie Porto-Vecchio à Propriano en traversant l’Alta Rocca. Le parcours passe par des villages comme Levie, Zonza, Serra-di-Scopamena ou Sainte-Lucie-de-Tallano selon les variantes, avec un passage emblématique dans le secteur des aiguilles de Bavella.

Ne vous méprenez pas : « le plus accessible » ne signifie pas facile. Les dénivelés sont bien présents, notamment autour de Bavella, et certaines descentes sur terrain rocheux fatiguent davantage que prévu. En revanche, les étapes sont plus faciles à découper et les possibilités de ravitaillement sont généralement plus simples à gérer.

Prévoyez cinq à sept jours de marche. Une version rapide peut se faire en cinq jours pour des randonneurs entraînés. Pour profiter des villages et limiter les grosses étapes, six jours constituent un bon compromis.

Exemple d’étapes pour le Mare a Mare Sud

Une option consiste à prévoir une nuit supplémentaire à Zonza ou à Bavella. Vous pourrez ainsi découvrir les Aiguilles de Bavella sans courir, ou effectuer une randonnée à la journée dans le massif. Le décor mérite mieux qu’une simple photo prise entre deux bâillements.

Quel niveau faut-il pour marcher sur un Mare a Mare ?

Il faut être capable de marcher entre cinq et huit heures par jour, plusieurs jours de suite, sur des terrains irréguliers. Le dénivelé cumulé peut dépasser 800 à 1 200 mètres lors de certaines étapes. Les distances annoncées dans les guides ne disent pas tout : 16 kilomètres sur une piste forestière ne se comparent pas à 16 kilomètres de sentier caillouteux avec plusieurs cols.

Une préparation raisonnable commence six à huit semaines avant le départ :

Les bâtons sont vivement recommandés. Ils soulagent les genoux dans les descentes et améliorent l’équilibre sur les portions de terrain instable. Des chaussures de randonnée avec une semelle accrocheuse sont plus adaptées que de simples baskets de trail, surtout si vous transportez votre équipement.

Hébergements et ravitaillement : réserver ou improviser ?

Les hébergements se composent principalement de gîtes d’étape, chambres d’hôtes, petits hôtels et parfois campings. L’offre est très variable selon les villages. Certaines étapes disposent de plusieurs solutions ; d’autres n’en comptent qu’une ou deux. En dehors de juillet et août, des établissements peuvent fermer quelques jours ou fonctionner uniquement sur réservation.

Réservez en priorité les nuits dans les secteurs les plus isolés, notamment sur le Mare a Mare Centre et certaines portions du Nord. Demandez précisément ce qui est inclus : dîner, petit-déjeuner, panier-repas, draps, transfert de bagages. Un « repas possible » peut parfois signifier qu’il faut prévenir avant 18 heures, pas qu’un menu vous attendra automatiquement.

Pour le ravitaillement, ne comptez pas trouver une supérette à chaque étape. Prévoyez une réserve de barres, fruits secs et aliments faciles à transporter. Les fontaines sont nombreuses dans les villages, mais leur débit peut être faible en été. Remplissez vos gourdes dès que vous en avez l’occasion et emportez au minimum deux litres d’eau par personne lors des journées chaudes.

Transport des bagages et accès aux départs

Le transport de bagages est proposé sur certaines portions, surtout par des agences ou des hébergeurs habitués aux itinérances. C’est une solution intéressante si vous voulez marcher avec un sac léger. Vérifiez toutefois les limites de poids, les horaires de dépôt et les étapes couvertes. Dans les villages isolés, un retard de taxi peut rapidement devenir un sujet de conversation prolongé.

Pour rejoindre le départ, la voiture facilite nettement l’organisation, mais elle pose la question du retour. Si vous partez de Moriani et terminez à Cargèse, il faudra prévoir un transfert ou utiliser les transports régionaux, souvent peu fréquents. Porto-Vecchio, Ajaccio, Propriano et Corte sont généralement plus simples à rejoindre, mais les correspondances restent à vérifier selon la saison.

Une bonne méthode consiste à réserver d’abord les hébergements, puis à construire les transferts autour des étapes confirmées. L’inverse mène parfois à une journée de 28 kilomètres simplement parce que le seul bus passe à 7 h 10.

Quelle période choisir pour le Mare a Mare ?

Les mois de mai, juin, septembre et début octobre sont les plus agréables. Les températures sont généralement plus supportables, les sentiers moins fréquentés et les hébergements encore ouverts. En mai, certains secteurs d’altitude peuvent rester frais ou humides, avec des névés ponctuels selon l’année. En octobre, les journées raccourcissent et les horaires des établissements deviennent plus limités.

Juillet et août sont possibles, mais il faut partir tôt, boire régulièrement et accepter la chaleur dans les portions exposées. Les incendies et les restrictions d’accès peuvent également modifier le parcours. Consultez les informations locales avant chaque étape et respectez strictement les interdictions de feu et de circulation.

Évitez de partir après un épisode de fortes pluies sans vous renseigner. Les ruisseaux peuvent grossir rapidement, les passerelles être glissantes et les pistes se transformer en bourbiers. En Corse, la météo change vite en montagne : un ciel bleu au petit-déjeuner ne garantit pas une après-midi sèche au col.

Conseils pratiques avant le départ

Si vous hésitez entre les trois traversées, le Mare a Mare Sud est le choix le plus simple pour une première expérience. Le Centre s’adresse aux randonneurs recherchant davantage de solitude et de montagne. Le Nord demande plus de temps, mais offre la traversée la plus complète et la plus variée.

Dans tous les cas, gardez une journée de marge si votre calendrier le permet. Une météo capricieuse, une fatigue inhabituelle ou une étape particulièrement belle peuvent justifier de ralentir. Après tout, l’objectif est de traverser la Corse à pied, pas de battre un record entre deux gîtes.

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